Friday, October 12, 2007

Les bouddhistes l ont toujours dit...

Les bouddhistes l ont toujours dit et je le realise a chaque jour de plus en plus : tout ce qui existe est voue a disparaitre ; tout ce qui nait contient en soi le germe de sa propre mort. Pessimiste? point du tout si on y reflechi un instant ; c est au contraire des plus realiste comme position. Le fait est aussi que le quotidien a lui seul nous le prouve encore et encore et encore, aussi longtemps qu on est conscient d ouvrir les yeux le matin et de les fermer le soir...

Alors qu en Inde, il y si peu, je contenait difficilement mon bien-etre et ma joie de baigner au sein d une culture d une extreme richesse, acceuillante et laissant l autre etre sans le juger ou lui demander quoi que ce soit, je me suis retrouve a nouveau dans un univers de contraintes sociales complexes en atterrisant en terre Thai. Une excitation profonde agitait mon etre par contre dans les premiers temps, en pensant a toutes les aventures qui m attendaient. Une emotion qui a rapidement laisse place a la tritesse de perdre une amie (May) et ensuite la peur d etre cruellement assassine (peur qui n a dure qu un instant par contre). Et puis me voici maintenant sur une ile paradisiaque (voir photos, le terme n est pas exagere) et devinez comment je me sens : seul. C est qu ici tout le monde est avec du monde, car qui viendrait faire la fete seul? Cest l histoire de ma vie quoi, face a la machine qui fait tout tourner et que tout le monde fait tourner en meme temps... mais attendez que j y repense... a en juger par ce dernier paragraphe, comment est-ce que ca pourrait etre l histoire de ma vie puisque cette derniere est en constante evolution a chauque seconde qui passe??? La voila donc cette verite bouddhiste qui se retouve dans chaque battement d aile de papillon, que rien n existe pour durer et que c est cette verite seul qui reussi a definir l eternel. Est-ce que nos vies ne sont pas en fait une manifestation parmis tant d autre de cette reproduction continuelle de l univers infini en lui-meme? Est-ce que l univers lui-meme ne serait pas aussi de passage dans un espace-temps d une plus grande etendu, lui meme voue a se renouveller au travers de morts continuelles du passe et de renaissance continuelle dans le present? Et quelle difference ca fait vous demandez-vous???

La difference se situe dans l attitude qu on adoptera face a la froideur etonnante que la vie nous reserve parfois. Pourquoi suis-je ici, aujourd hui, avec mes difficultes, mes echecs passes qui me hantent, mes apprehensions face au futur proche et eloigne qui persistent a ternir mes etants d ame, mes soucis financiers et autres, mes desirs irrealistes de succes dans toutes les spheres de ma vie a la fois?? En somme, pourquoi tout ne peut pas etre par etre parfait, toujours??? Voici le genre de question qu on est voue a se poser toute notre vie, parce que c est ainsi que notre apprentissage reel de vie doit s operer ; en relation avec l ideal, pour lentement mais surement nous faire decouvrir notre etat avancee de maladie mentale individuelle collective. Car en effet quiconque se demande serieusement pourquoi la vie n a rien a faire de ses interets est complement separe de son essence profonde, une essence qu on retrouve en acceptant avec douleur que le role qu on a joue toute notre vie durant n etait en fait qu une facade, ayant comme objectif inconscient de nous aider, de facon imparfaite, a pallier a notre difficulte a controler les evenements de notre vie et de la vie en general.

Jesus (et oui, je me refere toujours a cet icone desuet pour faire passer mes points), en s adressant a ses disciples leur ordonnait de porter sereinement leur croix s ils voulaient sincerement suivre ses pas... La douleur est donc inevitable, mais ne disais-je pas en tout debut de ce post que rien n est eternel et qu au contraire tout ce qui nait est voue a mourir? Alors dans ce cas pourquoi est-ce que certains souffrent toute leur vie durant pour des histoires du passe (famille, ami, mauvaises blagues que le destin leur reservait) qui les suivent ou encore des ennui quotidiens qui sevissent de facon perpetuelle, selon eux contre leur gre? Qu est-ce que cela peut donc signifier? Qu il existe des exeption a la regle generale regissant absolument tout le reste de l univers et que certains sentiments negatifs sont eternels? Ce serait etonnant. Et si ces personne s accrochaient a leur douleur??? Et si nous tous, en tant qu humanite souffrante, gardions deliberement nos blessures ouvertes de generation en generation, rendant les incidences de guerres internationales autant que des petit conflit de cuisine une part de notre destin collectif?? Autrement dit, et si notre reaction spontanee face a la douleur etait de l alimenter au lieu de s en debarasser comme on pense vouloir le faire? Beaucoup de question, toutes pour faire reflechir l etre en nous qui cherche des reponses malgre lui et qui sait... Qui sait tout simplement ceci : que c est dans la prise de conscience de la nature profondement significative mais passagere de notre propre existence qu on peut arriver a se liberer de notre envie compulsive de garder en nous tous ces maux qui pourrissent notre existence a tout moment, surtout lorsqu on en est pas conscient.

Bouddha parlait dans le Dhammapada (livre saint des bouddhistes contenant une serie d enseignement de l etre illimine) de combattre le mal par le bien, l intolerance par la tolerance et la mechancete par la gentillesse. Une attitude qui parait impossible a appliquer a premiere vue, oui ou non? Et bien c est la seule qui peut justement nous liberer de nos feux interieurs qui consument continuellement notre vrai nature. De retour a Jesus, il disait pour sa part de presenter le joue droite a celui qui nous frappait sur la joue gauche, vous voyez une ressemblance entre ces enseignements? C est que dans leur sagesse ces deux homme d Esprit avaient compris ce qui est si simple a concevoir : le feu ne peu qu attiser le feu et en reagissant de facon spontane a toute attaque, on ne fait que transferer son pouvoir destructeur au plus profond de notre etre.

Bon, ca fait du bien de voir que je suis capable de l ecrire, maintenant il s agit de l appliquer... un travail titanesque, mais qu est ce que j ai a perdre au fond, du comfort? Et a quel prix je le gardais ce confort? Au prix d un inconfort sous-jacent encore plus fort a ce que j en comprend par mes propos. On me souhaite bonne chance j espere dans ma tentative d accepter que je ne suis qu un homme (autre paroles de Jesus en passant, quand on lui a demande qui il etait).
...


Et avant de vous quitter pour quelques jours, voici mes photos :

May (voir post d hier). Je ne sais qu en penser en ce moment. Mais on sentend pour dire qu elle est instable et dangereuse.


Le paradis a 4 heures de Bangkok... Le sable ne pourrait etre plus blanc, l eau est d un turquoise absolument surreel et sa temperature est parfaite. Je me promene sur cette ile en scooter ( 7$/jour) ce qui me donne une liberte sans commune mesure.

No comments: